Carnet 12
Si tu ne vas pas au café, le café vient à toi...
Accueil
Colombie
Au final, nous entrons en Colombie par avion ; plus simple et moins aléatoire avec les enfants...Carthagène, la cité de Bolivar nous accueille chaleureusement pendant les jours d'attente, et nous sommes très vite conquis par la Colombie aux charmes nombreux et surprenants.
Et pourtant, l'étape récupération du camion fut éprouvante; univers kafkaien avec deux jours de démarches, douze étapes de bureaux, tampons, empreintes digitales, sourires patients ; ce n'est qu'après une nuit de bivouac près d'une maison de colombiens charmants, que nous retrouvons l'excitation du voyage. Tout est en état, y compris les vélos ; un jour de rangement et nous voilà repartis. Les enfants ont l'impression d'avoir retrouvé leur maison et l'excitation est à son comble. Après Carthagène, une des plus belles villes coloniales et son ambiance à la fois paisible et grouillante, nous longeons la cote caraïbe vers Santa Marta dont la sierra de ses 5700m d'altitude se jette dans la mer.
Petits villages de pêcheurs, lanchas, paysages magnifiques, chaleur, beaux villages coloniaux mais aussi bidonvilles et pauvreté, nous retrouvons le plaisir de la découverte et des rencontres ; y'a pas à dire, les Colombiens sont plus que chaleureux, très curieux, d'une politesse exemplaire et le coeur sur la main.
Paul se paie le luxe d'une séance de kite qui fait le spectacle du village le dimanche ; tous les enfants courent sur la plage, fascinés par ce cerf-volant géant ; du jamais vu par ici, qui au vu des remerciements pour le spectacle et les discussions engendrées, a fait grandement plaisir. Devant l'ambiance tranquille, la sensation de sécurité relative avec l'omniprésence de la police et de l'armée, et l'ambiance cycliste dans tous les villages et les campagnes, nous décidons de reprendre le vélo.
Ce n'était prévu qu'en Equateur, mais les paysages étant splendides et les routes agréables, nous remettons les jambes au travail.
En revanche, on déchante vite devant le dénivelée.
Après les plaines tropicales immenses, nous montons sur les premiers plateaux andins à 2500m (région de Bogota) ; mélange de Causses et jura suisse, odeur de l'eucalyptus, du café, champs de fraises et troupeaux de vaches, tout ça à 18°, un air de paradis! Puis se sont des immenses vallées de canne à sucre, qui sert à faire la douce panela et les caramels au miel. Mako n'est pas de reste, car après qques séances d'entrainement sur les pavés des villages coloniaux (Villa de Leiva), elle se lance dans sa première vraie étape (10km) de cyclotourdumondiste. Mais cela monte trop souvent pour multiplier les étapes! Descente de canyon vers Ibagué, pour une orgie de mangues, et nous remontons sur la sierra centrale pour rejoindre la panamericaine. Nous sommes surpris par tant de variété de paysages et la beauté de cette campagne tranquille, même si nous ne pouvons pas sortir des sentiers battus pour raison de sécurité!
La police nous arrête parfois, plus par curiosité du camion et des enfants que pour les papiers. Armenia, Popayan et ses haciendas datant de 1550, Pasto, c'est un régal. Les bivouacs se font avec les poids lourds en parqueadero surveillé (bruitage assuré), ou dans les fincas où nous sommes très bien accueillis. On peut le dire, les Colombiens forment la population la plus sympathique rencontrée jusque là. Le must est le bivouac au centre des villages, après avoir traversé la colonne de charettes, chevaux, vélos, pousse-pousses, camions, vendeurs ambulants ; notre arrivée fait l'évènement ; curiosité sympathique qui suscite beaucoup de questions sur les vélos, le camion, les enfants, le voyage...en qques minutes, tout le villages est au courant. Les enfants en profitent pour potasser timidement leur espagnol à travers les jeux de ballons et autres excitations avec les petits colombiens. Les gens nous informent sur les dernières attaques
de terroristes dans le village (parfois à peine dix jours en arrière) et surtout des zones à éviter absolument! Nous ne ressentons pas de stress, même Marike seule en vélo n'est pas embêtée, au contraire, mais elle fait la surprise générale quand même!
peu à peu nous retrouvons nos réflexes, pour la gestion des étapes en vélo, ainsi que pour la logistique du camion, et
les occupations, séances découvertes, séances "sportives" des enfants ; nous retrouvons cette fatigue saine de journées chargées et personne ne demande son reste après la soupe! Plus nous descendons vers le sud et plus ça monte, et plus il fait froid, en raison de l'altitude. Nombreuses nuits à 2500m, les enfants ont l'air de bien s'acclimater, et nos jambes aussi après trois semaines (mais il faut bien ça!!). les plateaux sont à 2000m, mais foisonnent encore mangues, bananes, papayes et fraises. Le climat reste agréable même si nous traversons les deux mois d"hiver". Les marchés deviennent de plus en plus colorés et chargés d'indigènes et de populations andines, femmes à chapeaux, hommes en jupes ; ici aussi, JP Gautier passerait pour un démodé. Modernisme et tradition se cotoient sans souci. Amis cyclistes, la Colombie est un magnifique pays à parcourir en vélo, pour peu qu'on aime les montées et descentes. Après Pasto, nous traversons une série de canyons aussi profonds les uns que les autres, qui du haut de 3000m nous mènent doucement vers l'Equateur.







