Carnet 14

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Perou

La diversité de paysages et de climats du Pérou s'impose d'emblée par le passage de la sierra équatorienne à un désert africain, avec savane, chaleur écrasante, maisons de paille et de bois, chèvres, ânes et cochons qui vadrouillent partout, dunes de sable: c'est une toute autre ambiance. Mako reprend son tour de vélo devant les étendues un peu plus planes, et pousse à des étapes de 15km. Nous profitons des sites pré-incas de Chiclayo et Trujillo pour faire un peu de culture et ne pas rester abrutis par le vélo. Nous visitons les sites fascinants des Moches et de Sipan, grandes civilisations englouties par les Incas qui eux-mêmes furent engloutis par les conquistadores.

Les enfants visitent avec leurs propres repères; Yoshka trouve le torchis bien lisse des temples à son goût pour faire rouler ses voitures; Mako demande "mais où ils faisaient caca et pipi?", question pratique, c'est vrai qu'on est souvent confronté au problème! La pause bord de mer est courte car même s'il y a de belles vagues, El Niño n'a pas encore réchauffé l'eau qui équivaut à celle de Bretagne au printemps! Mais sortant du désert, c'est appréciable d'autant que les étapes en vélo au milieu des dunes avec le vent de face et le soleil écrasant sont usantes! Au jeu "je me fais des amies en 5 minutes", Mako se perfectionne et trouve du répondant car les péruviennes une fois adoptée, ne la lâchent pas d'une semelle. Yoshka craque parfois à force d'avoir les cheveux caressés par toutes les femmes qui passent en criant "que lindo el gringo, mira"...c'est Ça la vie de star! Ils restent aussi les meilleurs joueurs de jeux de rôles avec leurs animaux et leurs voitures, quelque soit le terrain et le public (souvent très amusé!); c'est le voyage dans le voyage.

C'est par une piste incroyable dans les gorges encaissées, aquatiques et vertigineuses du Canyon del Pato, aux 50 tunnels étroits taillés à la main dans la pierre, que vélos et camion se faufilent tant bien que mal (pas facile les longs tunnels en vélo dans le noir avec des gros cailloux partout), pour regagner doucement notre chère Cordillère Blanche. Que de souvenirs resurgissent...7 ans déjà que nous nous sommes unis au sommet du Chopicalqui et que nous avons usé nos chaussures sur d'autres sommets. On réalise à quel point le voyage en vélo et camion nous donne une liberté qui donne une approche complètement différente, liberté de mouvement, de temps, qui permet de vraiment s'imprégner des lieux, des paysages et des rencontres à notre aise ; c'est vraiment voyager autrement, sans l'impression d'être touriste de passage (et pourtant).

La vallée de Huaraz est paradisiaque sous la verdure de l'été et entourée de sa chaine majestueuse et impressionnante ; un terrain de jeux impressionnants pour alpinistes et grimpeurs. Malheureusement le temps ne nous permettra pas de skier l'un d'eux, comme on le souhaitait.

Le Huascaran, le Huandoy, en feux sous le soleil couchant, surplombant les forêts d'eucalyptus et les toits de la ville; inoubliable. Côté couleurs sur les marchés, et modes vestimentaires, les équatoriennes peuvent aller se rhabiller. Ceci dit, autant ces dernières avaient la classe, autant le pantalon polaire sous les froufrous colorés est beaucoup moins sexy, mais très efficace contre le froid! On en parlait depuis longtemps et les enfants en rêvaient et ont sautés de joie au dápart de leur premier trek. Trois jours à traverser la Cordillère Blanche aux pieds de l'Alpamayo. Yoshka a beaucoup marché et a du coup apprécié les chevauchées à dos de mule, quant à Mako, elle semble être née pour rêvasser à dos de bourrin en regardant les cascades et les blancs sommets (mais elle carbure bien aussi à deux pattes).

Même au denier bivouac au dessus de 4000, les jeux sous la tente et l'excitation ont durés tard dans la soirée! Puis nous traversons la cordillère en vélo en passant à 4800m (s'il vous plait), aux pieds du Pastoruri, dans des décors sauvages, interminables et nous nous serions sentis seuls au monde s'il n'y avait pas eu les bergers surveillant moutons et lamas autour de leurs cahutes de pierre et de paille.

Nous commençons à nous apercevoir que le Pérou est le pays de la piste... la traversée va prendre du temps, mais les étapes n'en sont que plus belles. Les soirées sont occupées par le bricolage, la lecture et les longues discussions avec les questions des enfants...

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