Epilogue et qqs inédits

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trop chaud

trop de poussière

trop de cheveux

Il est plus que difficile d’écrire un épilogue et de résumer 5 années de voyage et d’aventure, de mode de vie hors des sentiers battus ; une tranche de vie qu’avec deux mois de recul après le retour on pourrait qualifier d’enrichissante, et qui nous aura donné un nouveau regard sur la vie et sur notre monde.

Commençons par la fin : cette année en Afrique aura été riche en enseignements ; d’abord parce que l’on s’aperçoit que chaque partie du voyage est tout à fait différente d’une autre, même si l’on est toujours avec le camion et les vélos. Les continents ne fournissent pas le même terrain de jeu et d’échanges, les contextes sont différents et aussi parce que nous évoluons, nos besoins deviennent différents, nos attentes aussi, nos références encore davantage et les enfants grandissent et sont l’élément le plus évolutif du voyage. On s’est très vite aperçu qu’ils avaient de plus en plus envie d’être sur les vélos ; mais comment concilier différentes allures, différents besoins, un camion, la chaleur de l’Afrique, les reliefs fréquents et parfois difficiles, la population omniprésente et pas toujours bienveillante avec ces envies grandissantes. On s’est aperçu que le camion devenait de trop dans notre voyage en vélo, et pourtant qu’il était si pratique et nous ouvrait plein de possibilités sur le continent africain ; envie d’être tous les 4 en vélo, mais aussi prise de conscience de l’utilité d’un domicile ambulant et 4x4 qui permet de pénétrer dans le bush, d’aller plus à l’encontre des animaux, de vivre dans l’espace nature et d’être « protégé » parfois du contact trop indiscret et fatigant des locaux. C’est ce que l’on recherche bien sûr en premier dans un voyage, le contact avec l’autochtone, mais en Afrique, cette rencontre qui de recherchée et fréquente devient permanente, insidieuse puis inévitable et parfois pesante. Le camion est alors un refuge qui permet de se protéger ; nous avons croisé pas mal de cyclistes qui avaient eu ce sentiment d’être à nu et livrés au regard et au contact trop permanent des locaux, au risque d’en payer les frais par usure et baisse de la disponibilité. Bref, pas de regrets sur notre idée initiale de ne traverser l’Afrique qu’en vélo avec les enfants ; les problèmes d’eau et de chaleur par certains endroits auraient aussi été difficiles à gérer (mais pas impossible en choisissant bien son itinéraire). Mais l’envie s’est vite faite sentir pour nous 4, d’être chacun sur un vélo et d’évoluer ensemble sur le même rythme, et non plus en mode accordéon.

trop de mouches

trop de pluie

rasage improvisé

corvée de chiotte

corvée d'eau

trop de linge

L’autre constat s’est fait rapidement ; les enfants ont besoin de contacts et d’amitiés qui durent ; les périodes sédentaires de nos 5 ans de voyage ont été merveilleuses en découvertes, en rencontres et en amitiés créées, mais d’autant plus néfastes lors du nouveau départ à chaque reprise de la route ; les enfants ont souffert de ces ruptures et n’ont pas retrouvé lors du parcours africain d’amitiés françaises (nous n’avons croisé aucune famille française en voyage) et n’ont pas été rassasiés par les moments de jeux avec les petits africains ; il y avait aussi un problème de communication et notre mode de voyage par étape quotidienne rompait chaque jour la petite toile amicale tissée la veille avec les enfants d’un village.

Bref, vous le comprenez, ce retour est lié au désir des enfants de se créer des liens sociaux durables ; cela aurait pu se faire dans un pays étranger, ou un autre DOM, mais nos montagnes et nos amis manquent aussi au bout de 5 ans et aussi étrange que cela puisse paraitre, au bout de ce voyage lointain, la France est devenue un mystère et une curiosité pour les enfants. Du coup, Ce retour se fait dans le comble de l’excitation pour eux, et cela reste un voyage en soi ; ils jubilent de chaque nouveauté, de voir tant de choses dont on a parlé, de chaque découverte et de pouvoir parler en français à n’importe qui. Leurs repères de voyageurs sont chamboulés et en même temps ce sont ces repères, cette ouverture d’esprit, cette adaptabilité qui leur permettent d’être aussi à l’aise dans cette nouvelle vie dans laquelle ils mordent à pleine dents. Là où l’on rencontre des enfants blasés, exigeants, revendicateurs, on s’aperçoit que les nôtres profitent pleinement car ils se rendent compte à chaque situation du plaisir que l’on peut en tirer et de la chance qu’elle offre.

vélo man

panne d'essence mystérieuse

toujours la fenêtre

garage de fortune

Difficile de résumer en quelques phrases ces 5 années merveilleuses et ce qu’elles nous ont apportées ; la première chose à dire est évidemment que cette pose est une parenthèse dans un long voyage, et que les projets pour la suite ne manquent pas entre l’Asie en vélo et l’Océanie en voilier. Les mots qui reviennent le plus souvent sont liberté, espace, temps, vie de famille à temps plein, harmonie, aventure, surprise, étonnement, et découverte permanente. Des notions trop vite oubliées et brouillées dans une vie de métropole au métronome du travail et de l’école. La découverte fut totale car cette durée de voyage et ce temps que l’on s’offre est une parenthèse dans le rythme effréné d’une vie plus classique, qui permet de se découvrir, de découvrir ceux qui nous entourent en même temps que le relief, le paysage, les cultures, la politique et les enjeux d’autres parties du monde ; c’est aller chercher loin ce qui nous permet de nous regarder de près et de comprendre qui nous sommes et ce que nous vivons. C’est aussi comprendre à travers la vie des autres ce qui est fondamental ou pas. Un constat évident du voyage ; plus la simplicité est présente, plus le plaisir, la générosité, la joie et l’échange sont là.

boulon tombé

crevé

Nous avions prévu 3 ou 4 ans pour faire ce que l’on appelle un « tour du monde » et qui n’est en fait qu’une ballade sur les chemins infinis de notre terre ; mais très vite on s’est aperçu que notre rythme de vélo imposait une lenteur à la découverte qui, même si elle nous convenait parfaitement, allait ralentir notre progression. Cette lenteur nous a aussi appris que le temps est notre première richesse et qu’on la perd dès qu’on remet le pied en France où l’on vit avec un chronomètre. Les moments marquants du voyage sont liés à différentes impressions variables selon nos attentes ; on nous demande souvent le pays qui nous a le plus plu ; réponse difficile, car cela dépend du point de vue du cycliste ou du camionniste, ou des enfants, du rapport avec les gens, des paysages, de l’espace nature ou d’autres éléments comme la sécurité. A noter en quelques mots que l’impression de nature la plus forte a été en Guyane et en Amazonie en général, l’espace et les paysages en Argentine, le plaisir des gens, de l’échange et du plaisir quotidien du voyage au Brésil, le dépaysement de culture dans les Andes et en Afrique noire, le contact avec les animaux en Afrique bien sûr et enfin le plaisir du vélo dans les Andes, avec le pire aux US où le cycliste est transparent pour le quidam sur la route. Le coup de cœur et l’effet surprise ira à la Colombie, le plaisir des yeux et du goût ira au Mexique, la facilité de voyage tout confondu pour l’Argentine (deux oscars en somme), et l’oscar de la zone la moins sympathique en contacts humains, le Malawi et la Tanzanie. Mais tout cela est à nuancer, à expliquer, à détailler au cours de longues soirées d’hiver au coin du poêle.

les cousins

Pour l’heure, après un été de retrouvailles avec la famille et les amis (que l’on revoit au compte goutte en raison des vies surmenées de chacun), les enfants sont rentrés à l’école et croquent cette pomme qui leur est appétissante tous les jours avec un plaisir qui nous émerveille. Ils sont épanouis et parlent souvent du voyage, tout en essayant de se faire les plus discrets possibles, comme s’ils ne voulaient pas que cette différence ne se voie et ne les distingue des autres. Ils sont avides d’amitiés et d’échanges (trop peut être) et tous ceux qui craindraient de prendre la route avec des enfants à cause de la déscolarisation peuvent être rassurés, l’ouverture d’esprit et la réflexion qui nait du voyage fait autant fonctionner le cerveau que 6 heures d’école assis sur un banc.

Notre seul regret à nous ; ne plus être sur la route, ne plus avoir cette sensation que chaque jour est différent, que chaque journée sera riche en rencontres, en nouveaux paysages, en déconvenues, en surprises, ne plus avoir le temps de prendre le temps et le choix de s’arrêter comme on veut , le temps que l’on veut pour faire ce que l’on veut….

La réadaptation pratique est simple car après 5 ans d’adaptation permanente, nous sommes des professionnels de la simplicité et du « je fais au mieux avec ce que j’ai » ! C’est l’adaptation de l’esprit qui est plus difficile ; encore ailleurs, il a tendance a nous éloigner du concret et du quotidien, à nous rappeler qu’il y a un ailleurs, pas toujours plus rose, mais plus intéressant que le conformisme après lequel la plupart des gens courent, en gaspillant un temps précieux…

Mapamayo reprendra bien sûr la route, en vélo, à pied ou sur l’eau, mais ça aussi c’est une question de temps….

Vive l'école!

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